" La vie doit être un mystère à vivre
et non un problème à résoudre. "
Mahatma Gandhi
Notre idée du parrainage
Par votre parrainage, nous pourrions ensemble :
- développer et repenser une apiculture participative, respectueuse de l’abeille, de l’homme et de son environnement
- favoriser la réhabilitation de l’abeille noire, sous-espèce endémique de nos campagnes, espérant ainsi léguer aux générations futures la continuité des bienfaits de 6 millions d’années d’évolution et d’adaptation
- soutenir l’apiculteur désireux de se mettre au service de l'abeille pour mieux comprendre sa nature, et pour chercher les remèdes qui vont dans le sens d’une régénération de la vie et non d’une dépendance
- et encore permettre de prendre du temps pour créer un environnement propice aux abeilles en favorisant le développement de biotopes riches en plantes mellifères, ceci en étroite collaboration avec les agriculteurs et les collectivités publiques et privées
Le parrainage
Le parrainage est pensé sur 2 années consécutives. Les besoins financiers pour chaque ruche parrainée peuvent être exposés ainsi.
1ère année
- Création d’un essaim naturel d’abeilles noires ce qui inclus les heures pour la mise en place d’un rucher de fécondation temporaire.
350 CHF
- Suivit et développement saisonnier de la ruche, incluant la fabrication des cadres à jambage, le sirop au miel pour les nourrissements automnaux, ainsi qu’une moyenne d’heures de travail estimée à 1 heure par ruche et par semaine durant la saison apicole (de mars à septembre).
450 CHF
Soit un total de 800 CHF par ruche pour la première saison.
2ème année
450 CHF
- Si l’hivernage se passe comme il se doit et que la colonie est en bonne santé lors du réveil printanier, pour la seconde saison de parrainage un montant de 450 CHF vous sera demandé puisqu’il n’y aura pas de création d’essaim dans un tel cas.
Il est bien sur possible de parrainer des abeilles.
Ainsi, de plus petits investissements offrent à plusieurs acteurs la possibilité de soutenir une ruche.
Objectifs du projet
- s'inspirer du comportement de la ruche pour repenser une apiculture qui se doit d'être en équilibre avec la nature, l'abeille et l'homme
- réhabiliter l'abeille noire pour un retour de cette abeille endémique dans nos ruchers. Ainsi nous respecterons et bénéficierons des milliers d'années d'adaptation dont cette espèce reste le témoin
- avoir les moyen de prendre du temps pour pratiquer une apiculture portée par le respect de l'abeille et de ses besoins
Pas de déplacement de ruche en fonction des miellées (transhumance)
Un partage équitable des produits de la ruche en fonction des besoins de l'abeille et non de l'homme
Une utilisation de ruche et de méthode apicole qui sont au plus proche du comportement de l'abeille observé dans son état sauvage
Il s’agit donc de développer une apiculture participative et respectueuse de l’abeille et de son environnement, en prenant comme élément central d’observation « l’entité ruche », et non uniquement l’individu abeille, qui en tant que tel n’est rien sans l’appartenance au groupe.
Notre postulat primaire est que le fonctionnement d’une ruche est un modèle de société exemplaire, ou chaque individu est à sa juste place, et donc joue un rôle fondamentale pour le bien fondé de toute la colonie. C’est tant par la collaboration individuelle que par une répartition cohérente des tâches que « l’entité ruche » est à même d’évoluer au gré des saisons, de s’adapter en permanence aux conditions extérieures, aux rythmes des miellées, aux informations diverses et multiples en provenance du monde extérieur à la ruche.
On peut ainsi considérer l’activité à l’intérieur de la ruche comme le miroir de ce qui se passe à l’extérieur. On inscrit ainsi la vie de « l’entité ruche » comme étant un indicateur de la qualité de nos paysages, faisant état de la santé de nos biotopes.
Il est donc important de développer une apiculture basée non plus sur la notion de productivité, mais également et surtout d’intégrer une multitude de paramètres nourris par l’observation et le temps qui doivent intrinsèquement y être associés.
En sortant ainsi de la vision matérialiste qui garde trop souvent comme idée la possibilité d’exploiter les ressources produites par la ruche, il nous semble fondamental de chercher à solliciter, à impliquer l’homme et les collectivités publics vers une vision plaçant l’abeille et l’observation de celle-ci au centre des débats.
Plus en détails
Le manque de vitalité des abeilles, les pertes de cheptel conséquentes et les choix imposés à l’apiculture par ces conditions difficiles invitent les apiculteurs à élargir leurs réflexions aux conditions concourant à l’équilibre des colonies, et interroger l’apiculture sur sa relation à l’abeille.
Depuis quelques années, tandis que la société s’émeut des nouvelles dramatiques relayées par les médias et questionne la science et le monde apicole, une réflexion tous azimuts agite la profession et conduit certains apiculteurs à mettre en œuvre des pratiques alternatives plus ou moins radicales. Beaucoup prennent conscience que l’amenuisement des populations indigènes, et donc la part relative croissante d’abeilles « cultivées », confère à l’apiculture une responsabilité nouvelle pour le devenir de l’espèce.
L’apiculture dans l’urgence de produire, opère une fuite en avant dans la prise en charge d’un insecte jusque là capable d’autonomie, aggravant ainsi des pratiques inspirées du productivisme susceptible de modifier profondément et durablement l’espèce.
L’affaiblissement des abeilles suscite donc deux types de réactions radicalement opposées
- une fuite en avant dans la prise en charge de l’espèce et la surenchère des moyens techniques
- ou à l’inverse une déprise visant à rendre aux colonies les conditions naturelles de leur développement
Dans le premier cas que l’on pourrait définir comme productiviste, les apiculteurs comptent d’abord sur eux-mêmes, ainsi qu’en la science et les techniques pour continuer à produire sous couvert de divers Label®. Mais leurs interventions font courir à l’espèce le risque de profondes perturbations.
Les seconds abandonnent la logique matérialiste afin de cesser de nuire et font confiance à l’abeille pour trouver sa voie de survie. C’est en ce paradigme que s’inscrit notre projet de parrainage.
Mais comment l’homme peut-il s’impliquer et rester un acteur participant à l’évolution de l’abeille et de la qualité de son environnement ?
Le temps est venu de porter une attention nouvelle à l’abeille dans sa spécificité d’espèce autonome, par la capacité qu’elle a à maintenir sa vitalité. Il est possible de s’abandonner sereinement à l’un de nos fondamentaux : remettre les sciences et techniques au service de la vie.
C’est ce postulat qui nous à porter à imaginer une apiculture non plus inscrite dans une polarité « homme - nature », mais d’ajouter un point central « la collaboration », porteur d’équilibre à l’image de la vie de l’ « entité ruche » composée des cires, des abeilles ouvrières, des faux-bourdons (les mâles) et de la reine.
L’envie de développer une conduite de nos ruchers qui en découle, est au cœur de ce projet :
mettre en place une apiculture ou l’homme est à sa juste place, porté par ces idées, ces intuitions et ces convictions.
Être « berger des abeilles » c’est se mettre en jeux entant qu’homme conscient des problématiques de l’apiculture actuelle tout en restant convaincu que c’est par une vision impliquant de subtiles interventions de l’homme, l’intégration de la complexité des multiples paramètres en jeux, ainsi que le temps imparti à l’observation sur le long terme que des idées salvatrices et pérennes finiront par naître.
Une apiculture tripartite
- Études et observation - Permettre de prendre du temps pour adapter nos méthodes et pratiques apicoles à la vie des abeilles
- Intégration - Réhabilité l'abeille noire endémique afin de bénéficier des années de sélection naturelle
- Production - Être inspiré par une juste lecture de ce qui doit rester un partage des produits de la ruche avec les abeilles
Les pratiques apicoles ont subi une importante évolution en un très cours laps de temps. Jusqu’au début du 20ième siècle, on pratiquait encore une apiculture proche de la cueillette. Un essaim était capturé dans la nature et mis dans une ruche-panier en paille, ou dans une ruche tronc. Ainsi s’élaborait petit à petit le cheptel des anciens.
Les ruches-panier et les ruches-tronc ont été remplacées par la ruche carrée en bois à cadre mobile facilitant son exploitation. Puis les cadres en bois ont été garnis de cires dites gaufrées pour obtenir plus rapidement des récoltes de miel
Les efforts de sélection d’abeilles dociles et productrice ont profondément appauvri le patrimoine génétique des races rustiques et indigènes, telle que l’abeille noire qui jadis peuplait les ruches de nos campagnes
L’élevage artificiel des reines et les méthodes d’inséminations artificielles ont grandement contribué à perturber encore d’avantage les colonies
Et c’est sans parler de la détérioration du paysage par le défrichement des haies arbustives bien souvent mellifères, ainsi que la part territoriale toujours plus grande allouée aux monocultures, miroir de la pensée productiviste de notre temps. D’où découle des traitements phytosanitaires toujours plus importants et ravageurs pour la faune et la flore endémiques.
L’apiculteur qui désire vivre en osmose avec ses ruches, ne peut se laisser dominer par les impératifs économiques. Il doit être en mesure de conserver sa liberté de penser, lui donnant l’énergie nécessaire pour mieux comprendre la nature de l’abeille, et pour chercher les remèdes qui vont dans le sens d’une régénération de la vie et non d’une dépendance.
Le problème est que cet état d’esprit de l’apiculteur, qui joue un rôle fondamental pour l’avenir de l’abeille, ne peut que très partiellement être révélé par l’analyse du miel. "La conscience apicole" n’apparaissant pas sur l’étiquette du pot de miel, le consommateur devrait donc connaître l’apiculteur pour savoir quel système de production il cautionne par son achat.
L’avenir du rôle de l’apiculteur se trouve non seulement dans les gestes et le partage en lien avec la vie des abeilles et dans l’aménagement du paysage, mais aussi et surtout dans son implication à communiquer et partager son expérience avec d’autres.
Le miel et les produits de la ruche doivent être considérés comme étant des cadeaux de grandes valeurs offerts à tous ceux qui en mesure leurs qualités.
C’est ainsi que nous utilisons le miel comme vecteur de communication lors de marchés, afin d’amener le grand publique à une prise de conscience sur la nécessité de revoir nos modes d’apiculture.
Il n’est donc pas normal que l’on puisse voir l’abeille ce développer plus harmonieusement en ville que dans nos campagnes. Il s’agit là d’une sonnette d’alarme à qui veut bien l’entendre. L’apiculteur devra consacrer de plus en plus de temps à créer un environnement propice aux abeilles en favorisant les plantes mellifères en étroite collaboration avec les agriculteurs, et en impliquant sa réflexion et son pouvoir d’observation à des recherches cohérentes, ayant comme issues la pérennité de l’abeille dans le respect de sa biologie, de ses cycles et de son milieu de vie.
Pour conclure
Un système soumis aux rythmes et aléas du vivant suppose une organisation plus souple, ou l’abeille donne la cadence. Ce système réclame plus d’intuition, d’observation, de recherche et de patience que de performance technique. Les moments très efficaces d’accompagnement et d’amplification de la reproduction naturelle sont aussi ceux d’une relation intense et édifiante avec nos partenaires ailés.
Les rythmes saisonniers sont source de réconfort et de sérénité ; l’abeille qui collecte le pollen du noisetier au cœur de l’hiver pour débuter un programme la conduisant cinq mois plus tard, à une parfaite efficacité lors des quelques jours annuels d’abondance, donne à l’apiculteur la même tranquille certitude : celle de pouvoir se nourrir à la source.
Sur la flore spontanée, la colonie indigène accumule l’énergie nécessaire à ces différents besoins. Cela suppose pour elle l’aptitude à recueillir en continu de fines informations de son environnement, local et cosmique, et ce en toute autonomie, libérant ainsi l’esprit et le temps pour l’émotion, l’émerveillement. Voilà le trésor à préserver !
Le projet apicole, tel que présenté, peut se borné à accompagner le miracle sans en perturber le cours. Le sentiment d’abondance est alors à la hauteur de la gratuité, de la perfection et de l’énergie mises en œuvre.
Avec l’exercice gratifiant d’un prélèvement sans violence, naît l’émotion d’une participation harmonieuse à la dynamique vitale ; un espace nature qui offre la perspective d’un plus ample progrès, où le sentiment d’appartenance sublime l’enjeu. Ne plus défendre ce que l’on a, mais ce que l’on est, pour écouter encore la ruche en liesse et son souffle scander le chant de la vie.
Alors d’avance un grand merci de porter avec nous ce projet de parrainage qui nous tient tant à cœur.
Kathelijne et Benoît SAILLET